Expulsions - Article du 26 août 2012

mardi 18 septembre 2012
par  webmestre
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Droits et Libertés -
Expulsions : le changement dans la continuité ?!

L’été a été ponctué d’expulsions multiples : expulsions de sans-papiers, expulsions de Roms de leurs campements, expulsions de demandeurs d’asile de leurs logements de fortune... Dijon n’a malheureusement pas échappé à la règle ! Il y a bien eu quelques régularisations, c’est vrai, mais globalement, le changement, on l’attend toujours !

Au niveau national, le RESF dénonce la mise en rétention de lycéens et lycéennes, l’expulsion de pères d’élèves, les familles brisées, les assignations à résidence... Il exige un moratoire sur les expulsions en attendant une refonte complète du Ceseda (code de lois sur l’entrée et le séjour). « Nous n’accepterons pas sous Hollande ce que nous avons combattu sous Sarkozy ! »

Autre scandale : le démantèlement de campements de Roms ! Sous prétexte d’insalubrité, on met des familles à la rue. Veut-on vraiment nous faire croire qu’elles seront plus en sécurité à dormir sur le trottoir ? Et ce malgré la promesse du candidat Hollande de ne pas démanteler de camps sans proposer de solutions de relogement. Les Roms voient une fois de plus leurs droits les plus élémentaires bafoués. Au point que l’Europe et l’ONU rappellent la France à l’ordre. Quand arrêterons-nous de traiter les Roms comme des sous-citoyens de l’UE ? Rappelons que les mesures transitoires (dérogatoires) appliquées par la France les empêchent de travailler et de toucher des prestations sociales, et les condamnent donc à la mendicité, et à une précarité que les destructions de camps aggravent encore. Le gouvernement a annoncé une réflexion sur la levée des mesures transitoires, et une réunion est aussi prévue concernant la scolarisation des enfants roms. En attendant, les bulldozers continuent leurs ravages !

A Dijon, une cinquantaine de Roms avait trouvé refuge dans des locaux désaffectés des Tanneries, qu’ils avaient aménagés. Ils en ont été chassés le 10 août au soir, sans aucune concertation préalable, contraints de laisser sur place vivres et affaires personnelles. Aucune décision de justice ne justifiait cette intervention de la police ! Et la seule proposition qui leur a été faite était un hébergement dans un foyer d’urgence pour une nuit...

Un autre événement similaire avait eu lieu à Dijon le 2 juillet : l’expulsion de l’internat de l’école des Greffes, qu’occupaient plus de trois cents demandeurs d’asile, alors que selon la décision de justice le squat n’était pas expulsable avant le 15 juillet ! La préfecture et la mairie ont là aussi pris prétexte de la sécurité, s’asseyant sur le dialogue entamé avec le collectif de soutien pour chercher des solutions. Le soir même, une manifestation de soutien s’est rassemblée devant la préfecture ; elle a été confrontée à une présence policière massive et agressive, au point qu’une manifestante a été sérieusement blessée... Autre signe de changement ???

Après cette évacuation, environ cent-trente demandeurs d’asile ont été envoyés dans d’autres départements ; certains ont trouvé porte close devant les foyers d’accueil, surchargés ailleurs aussi. Deux cents personnes sont retournées à la rue, en ayant dû abandonner leurs maigres affaires... De nouveaux squats ont donc été ouverts, ce qui a entraîné de nouvelles actions en justice. Elle est belle, la tradition d’accueil de la France ! Heureusement, les demandeurs d’asile sont accompagnés, sur les plans administratif, juridique et humanitaire, par une vingtaine d’associations dijonnaises qui ne ménagent pas leurs efforts !

Dans toutes ces tristes histoires, une constante : le non-respect des droits des minorités. Est-il plus important de protéger le droit de propriété pour des immeubles et terrains inoccupés, ou de garantir le droit au logement et à la santé, à une vie décente ? Pour paraphraser Orwell, certains citoyens et citoyennes sont moins égaux que d’autres !

Cécile Ropiteaux

Déclaration universelle des droits de l’homme Article 25 :
« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement… »


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